Récit de course par Rémi C. la Verticausse.

08/05/2016 21:14

Salut à tous, j'ai le plaisir d'essayer de vous transmettre mes émotions après ma 3eme course de plus de 40km: la Verticausse à Millau ! 42 km - 2200D+

Arrivée la veille en train, je m'émerveille devant cette beauté qu'est l'Aveyron: c'est le paradis des sportifs. Canoë, kayak, escalade, parapente, saut à l'élastique, station de trail, circuits vtt etc.. Je ne connaissais pas le coin et je cocherai certainement les Templiers dans mon calendrier l'année prochaine.

Bref, de loin je me dis que ça ressemble à L'Alsace, montagnes vallonnées et sommet pas très haut. Et vu le profil de la course, je m'attend à pas mal de sentiers roulants, et de belles relances où je pourrais dérouler (tu parles..)

Départ de la course ce dimanche matin à 8h30, on est à peu près 200 coureurs sur le 42, c'est agréable qu'il n'y ait pas foule. Je suis assez étonné du nombre de favoris par contre, certainement le fait que la course fasse partie du Salomon Over the Mountain Challenge.

Départ: je pars prudemment dans le peloton pour garder un rythme cool et ne pas m'enflammer dès la première montée.

Km 6: j'ai finalement accélèré dans la première montée (5km 400 d+) et je le regrette déjà. S'en suivra 5km sur les "crêtes" avec des rafales de vent entre 50 et 70kmh dans la tronche. Donc très difficile de dérouler.

Km 11: descente façon ski à moitié sur les fesses, et surtout sur les mains.
Km 12: premier ravito au pied du Viaduc de Millau et je sens que cette course va mal tourner.

Km 19: après une montée très verticale ( la bas ça monte à plus de 20% tout le temps!) un mec me dit que le ravito est après la descente. Et quelle descente.. 4km de descente, de remontées, de redescentes dans du très très raide (j'avais jamais vu ça) avec des cordes et des "marches" d'1m50 à sauter.

Km 23: j'ai mal aux cuisses, j'ai l'impression que les descentes ont cassées toutes mes fibres musculaires. Heureusement s'en suivra 10km un peu plus roulant (tjrs avec beaucoup de vent et la pluie s'invite à l'événement).

Km 33: dernier ravito que j'atteins au moins de 4h, je me dis cool il reste 9km je vais faire un super chrono.. Et j'ai l'intelligence de ne pas remplir mes gourdes pensant que j'en ai plus que pour 40 min d'effort.

Km 33,2: je vois, tout en haut d'une colline devant moi des coureurs.. Je crois halluciner mais non, il va falloire remonter.. Un spectateur m'annonce 600d+ (avec leur bel accent du Sud ouest). La suite est un cauchemar, je n'ai plus de jus. J'ai soif et j'ai plus d'eau. Je prend une barre. J'ai encore plus soif. Je me fais doubler par une dizaine de personnes dont la première femme. Moral au plus bas, la vue de mon temps au km me donne envie de chialer (25min/kilo). J'avance pas. Je me hais.

Km 37: je suis seul, personne devant, personne derrière. J'ai des nausées, et je manque plusieurs fois de tomber en marchant. Je suis à bout.

Km 38: je lâche galette ni vu ni connu.
Km 39: j'aperçois la descente final. Je perd mes nerfs, j'insulte ces maudits cailloux de merde qui sont là depuis le début, ces rochers, ces p*** de glissade quand tu descends bref je suis à bout (encore).

J'arrive finalement au village où je suis rejoins par un camarade de route que j'avais lâché au km 20. Je finis tout sourire et tous mes malheurs se transforment d'un coup en mega kiff, en plaisir, et je regrette déjà mes insultes envers ces innocentes caillasses. Je passe la ligne, 4h59, 38eme. Je me met dans un coin et toute la pression retombe, quelques larmes coulent (tapette) et je suis le coureur le plus épanoui du week-end.

Désolé pour les fautes j'ai écris avec mon téléphone. Merci d'avoir lu.
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